“Le sommeil est un des dons les plus délicieux de la nature.
C’est un ami auprès duquel on trouve refuge, un magicien qui apporte discrètement du réconfort.” Hermann Hesse
L’histoire prend ses racines au cœur des Pyrénées Atlantiques quand Stéphanie Pétuya rencontre en 2005 Géraldine Duboys. Géraldine est artisane et crée des couettes, des oreillers, des matelas en pure laine et en lin naturel français. Pour Stéphanie, d’origine normande, le lin est une grande histoire d’amour, ayant joué régulièrement avec cette plante étant enfant. Les deux femmes, aux valeurs communes, se lient vite d’amitié.
Grâce à l’artisane, Stéphanie découvre les bienfaits de la laine. Convaincue, elle économise pendant deux ans pour commander sa couette tant rêvée. La relation passionnelle avec la laine continue à la naissance de son premier enfant : pour son bien-être, elle décide d’acheter des vêtements en laine qui permettent à son bébé de garder son énergie et d’être toujours à température idéale…
Une histoire de famille
Stéphanie veut que son fils puisse dormir sur un matelas en lin naturel français, pure laine vierge et cousu main. Malheureusement quand elle contacte l’artisane pour la commande, celle-ci lui fait part de sa décision d’arrêter la création de matelas. Stéphanie lui propose alors de l’aider et d’en confectionner deux (un deuxième garçon était né !).
L’artisane remarque vite que Stéphanie est à l’aise avec les matières et avec la couture du matelas. Effectivement, avec une maman couturière professionnelle, elle a baigné dans le milieu du textile dès son enfance. Hélas au cours de leurs discussions, l’artisane lui annonce sa volonté d’arrêter complètement son activité pour se lancer dans un nouveau projet.
Héritage d’un savoir-faire
Durant son congé maternité et en prévision de son déménagement en Alsace, Stéphanie sait qu’elle ne souhaite plus retourner travailler comme salariée ; elle ressent désormais le besoin de créer et l’envie d’être indépendante. Elle sent ses cellules vibrer pendant la confection et son cœur s’illumine en pensant à ce rêve dans l’artisanat d’art. Un matin d’hiver, elle ose enfin demander à l’artisane de la former pour perpétuer ce savoir-faire hérité des générations précédentes. L’artisane accepte avec plaisir et de janvier à juin 2013, lui transmet pas à pas sa riche expérience de sélection des matières, lui montre un à un ses gestes précis et lui dévoile l’un après l’autre ses secrets de confection.
Du matériel professionnel
A son arrivée en Alsace, Stéphanie recherche le matériel nécessaire : une cardeuse pour aérer et floconner la laine et une machine à coudreprofessionnelle. L’activité démarre à moitié dans sa chambre et dans sa cave. En 2015, avec son conjoint, ils trouvent un petit nid douillet pour leur famille où le double garage devient l’atelier. Stéphanie est amoureuse de ses machines mécaniques et sera fière de vous raconter l’histoire de chacune. Datant des années 50 et 70, ces grandes dames authentiques perpétuent la tradition au son des clics métalliques.
La création de la Maison Pétuya est l’histoire d’une rencontre de cœur à cœur, une histoire de partage, une histoire de transmission… Les matières travaillées nous rappellent de vivre au moment présent et de prendre le temps. Le lin qui vit, glisse et se détend au rythme de son environnement est un textile qui demande de la maîtrise. Quant à la laine, elle doit être apprivoisée : dans un sens, elle risque de se déchirer tandis que dans l’autre, elle est plus élastique.
À présent, la Maison Pétuya est reconnue au-delà de l’Alsace et perpétue un savoir-faire ancestral plus innovant que jamais en valorisant un travail à la main.
Histoire à suivre…
Notre savoir-faire s’appuie sur le beau geste, précis et exigeant, le toucher, la connaissance et la maîtrise de la matière. Nos sens sont mis à contribution entre le bruit des ciseaux dans le lin, le tri visuel de la laine, la maîtrise des machines mécaniques, l’aiguille dans la main, le toucher de la matière.
Savoir-faire de matelassière
C’est au cœur de l’Alsace, dans la Vallée de Munster, que l’atelier est niché. Il est agencé grâce aux techniques du Feng-shui et offre un cadre de travail privilégié. Nous pouvons retrouver de nombreuses touches d’optimisme, des petits trésors, qui accompagnent les moments de confection.
Stéphanie perpétue le geste artisanal et manuel de courtepointière et de matelassière d’une manière fluide et ergonomique. Ce sont des savoir-faire ancestraux rares car il n’existe plus de formation au métier de matelassier.
Voyage à travers les étapes de fabrication
Travail de la laine
Pour la confection d’une couette, par exemple, la créatrice reçoit la lainelavée, séchée et nappée. La première étape consiste à analyser chaque nappe, afin qu’elles soient homogènes, qu’elles n’aient pas subi de distorsion, et de la calibrer à la densité souhaitée.
Coupe du lin
Puis, vient le lin. Nous le plaçons sur notre table de coupe, le coupons et le mesurons à la main, pièce par pièce. Nous sommes convaincus de cette technique de coupe artisanale, même si elle nécessite plus de temps, les étapes se font dans les règles de l’art.
N’oublions pas le repassage qui fait partie du métier.
Confection artisanale
Notre table de coupe devient la table de confection. Le montage de la couette s’effectue par la mise en place, un à un, de points de fixation. Cette étape fastidieuse permet à la laine de mieux respirer, d’exprimer son gonflant en laissant l’air circuler. Nous ajoutons les étiquettes puis la broderie, à la main, de flèches indiquant comment facilement reconnaitre le haut et le bas de la couette. Les contours de la pièce sont enfin cousus à la main. La couette est repassée, pliée et emballée dans un sac de transport en lin confectionné sur-mesure.
Chaque produit est unique et réalisé un à un.
C’est ce qui crée toute l’identité de la Maison Pétuya.
Pour la confection des oreillers, la créatrice reçoit la laine lavée, séchée et compressée. La première étape consiste à la passer dans la cardeuse mais avant toute chose, elle extrait les végétaux, en ouvrant la laine, posée sur le tapis de la machine. Ce tri demande du temps et de la concentration.
Il arrive en effet que nous retrouvions encore quelques végétaux comme nous sélectionnons essentiellement une laine de qualité provenant de moutons élevés en plein air.
Une fois le tri terminé, la laine en sortie de cardeuse, est aérée et peut exprimer son caractère gonflant. Nous la transportons à l’atelier dans un sac. Lors de cette étape, nous laissons la laine prendre son espace dans le sac : la laine vit sous nos doigts et se place où elle le souhaite.
Tout au long de ce processus de fabrication, nous sommes dans le geste humain et vivant. Il est important de mettre de la conscience dans le sommeil.
Informations pratiques
Stéphanie Pétuya
06 61 34 19 03
contact@petuya.fr
21 rue Principale, 68230 Zimmerbach (Alsace)
Sur rendez-vous uniquement